Vous voilà enfin allongé, prêt à tomber dans les bras de Morphée, quand soudain … sursaut ! Si ce scénario vous est familier, rassurez-vous : votre cerveau n’est pas en train de vous jouer un mauvais tour, ni de tester une nouvelle chorégraphie nocturne improvisée. Zoom sur ces mystérieux soubresauts qui perturbent parfois notre endormissement, et dont la science perce petit à petit les secrets.
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ToggleCes secousses qui ne veulent pas dire grand chose de grave
Quiconque a déjà été surpris par un mouvement brusque au moment où il sombrait dans le sommeil a expérimenté ce que l’on appelle joliment une « myoclonie d’endormissement ». Ce terme un peu barbare désigne simplement un mouvement musculaire involontaire, qui se manifeste le plus souvent alors que vous commencez à piquer du nez. Le Dr Olivier Sillam, neurologue, nous aide à démystifier ce phénomène qui concernerait près de 70 % de la population – oui, presque tout le monde, alors inutile de rougir !
Selon le fameux Manuel MSD, les myoclonies physiologiques surviennent lors de l’endormissement ou pendant les toutes premières phases du sommeil. Il est donc tout à fait normal que, juste avant de sombrer, certains se réveillent en sursaut, comme s’ils avaient raté une dernière marche invisible. Et la bonne nouvelle, c’est que la vaste majorité de ces myoclonies ne traduit aucun trouble pathologique. Même si elles peuvent être focales, multifocales, segmentaires ou généralisées, elles restent bénignes dans l’immense majorité des cas.
Myoclonies positives, négatives : mais qui sont-elles vraiment ?
Le Dr Sillam tient à faire une distinction précieuse :
- Les myoclonies positives : ce sont des contractions brèves et brutales d’un muscle ou d’un groupe musculaire déclenchant un mouvement involontaire. En clair, c’est ce fameux « bond » qui vous fait parfois retomber de votre nuage juste avant le sommeil.
- Les myoclonies négatives : à l’inverse, elles correspondent à un relâchement rapide du muscle. Ici, ce n’est pas tant un bond qu’un « lâcher-prise » inattendu de votre corps… qui peut aussi réveiller son monde.
Quels facteurs favorisent ces sursauts nocturnes ?
Les myoclonies peuvent surgir de plusieurs façons. Le Manuel MSD précise qu’elles peuvent être déclenchées :
- par un stimulus extérieur (bruit soudain, lumière, mouvement, menace visuelle, etc.)
- ou se manifester de façon totalement spontanée, sans raison apparente
Et là, le cerveau montre toute son originalité !
Lorsque ces sursauts arrivent sans stimulus évident, certains facteurs peuvent les favoriser, bien que la source ne les énumère pas spécifiquement. Le neurologue rappelle cependant qu’il existe des situations où ces secousses peuvent s’aggraver et devenir gênantes ou très fréquentes. Certains médicaments sont également pointés du doigt, car ils peuvent augmenter le risque de myoclonie à l’endormissement.
Quand faut-il s’inquiéter ? Les signes à surveiller
La grande majorité du temps, ces soubresauts sont plus embêtants qu’inquiétants. Mais selon le Dr Olivier Sillam, il est préférable de consulter un professionnel de santé lorsque :
- les myoclonies au moment de s’endormir sont associées à des troubles du sommeil
- elles s’accompagnent de mouvements anormaux dans la journée
- on observe des pertes de connaissance
- ces secousses deviennent très fréquentes et gênent la vie quotidienne
Car dans certains cas, cela peut révéler une épilepsie ou des troubles du sommeil plus profonds.
Pour réduire ces mouvements étonnants, mieux vaut limiter autant que possible les facteurs qui y prédisposent et éviter la prise de médicaments qui favorisent leur apparition, sur recommandation médicale.
En conclusion ? Si vos nuits sont ponctuées, de temps à autre, d’un petit bond qui vous surprend, rassurez-vous : cela fait partie de la grande aventure humaine du sommeil. Mais, si les sauts se transforment en tour de montagnes russes, il est alors temps de consulter votre médecin. Et souvenez-vous, lâcher prise, même la nuit, c’est parfois la meilleure chose à faire !












