Contenus de l'article
ToggleVous vous êtes déjà demandé ce qui se passerait si un astronaute décidait de braver l’espace, cheveux au vent, sans la moindre combinaison ? Spoiler : l’aventure tournerait court… et pas seulement à cause d’un mauvais brushing ! Retour, en apesanteur bien sûr, sur la réalité glaçante (parfois brûlante) de l’espace et sur l’indispensable armure des astronautes.
L’étrange bal masqué de l’espace
Lors de son dernier séjour à bord de l’ISS, Thomas Pesquet a effectué trois sorties extravéhiculaires. À chaque fois, comme tous ses collègues avant lui, il a endossé cette panoplie impressionnante, lourde comme un lundi matin et taillée au millimètre près. Pourquoi tant d’efforts (et de tissu) ? Romuald Amougou, lecteur fidèle, a posé la question fatidique : « Sans combinaison de protection, que peut-il nous arriver dans l’espace ? » Ah, cher Romuald… accrochez-vous à votre siège, la réponse décoiffe (sans mauvais jeu de mots sur les cheveux).
Un premier plongeon dans le vide spatial : petite histoire de la survie… et du silence
Petit retour en 1965 : Alexei Leonov, cosmonaute soviétique téméraire, effectue la première sortie extravéhiculaire à bord de Voskhod 2. Il n’est relié à son vaisseau que par un câble et une combinaison dite « souple », qui s’avérera presque (très) fatale. Une fois dehors, la pression du vide spatial gonfle la combinaison au point de bloquer tous ses mouvements : mains et pieds ne sont plus à leur place, les gestes deviennent impossibles, retour dans le sas compromis ! Leonov doit alors dépressuriser complètement son scaphandre (moment frissons), forcer le passage tête la première, et sauver sa peau. Douze minutes et neuf secondes de marche en apnée dans l’immensité. Résultat ? Il a failli mourir, mais il a (au passage) découvert ce silence spatial, « si lourd et profond qu’on entend son propre corps ».
Le vide spatial : ce que votre corps vivrait (mal, très mal) sans protection
Dans l’espace, finie l’atmosphère, finie la pesanteur. L’apesanteur, déjà ressentie dans l’ISS, offre une sensation de flottement grisante (expérience accessible sur Terre avec les vols zéro G), mais qui rend tout plus compliqué… Imaginez le moindre mouvement comme un combat de sumos dans une piscine. Mais la vraie menace, c’est la dépressurisation : là-haut, respirer équivaut à vouloir boire de l’oxygène dans le désert (ça ne marche pas bien). Les sons ne se transmettent pas non plus : impossible d’entendre les explosions façon Star Wars – désolé pour la déception.
Et ce n’est pas tout. Le manque de pression fait plonger le point d’ébullition des fluides corporels en dessous de 37°C, la température humaine. Conséquence immédiate : tout liquide se met à bouillir à l’intérieur même du corps ! C’est l’ébullisme, un nom mignon pour un mécanisme qui tue en quelques secondes. Triste sort, évitable uniquement si l’on porte une combinaison maintenant au moins 0,3 bar de pression.
- Asphyxie instantanée (irrespirable, on vous dit !)
- Ébullition des fluides corporels (cocktail mortel garanti)
- Risques thermiques majeurs : –150°C à +150°C, selon que le Soleil vous fasse la bise ou pas
- Rayonnements cosmiques pernicieux, pouvant altérer système nerveux et ADN
Le corps peut littéralement geler ou chauffer uniquement par rayonnement, selon la position par rapport au Soleil. Au passage, la combinaison protège aussi des rayons cosmiques, composés majoritairement de protons mais aussi de noyaux d’hélium ou plus lourds, capables de causer des dégâts encore mal connus (on préfère ne pas tester en vrai).
La combinaison, ce héros pas si discret
Fort heureusement, chaque détail du scaphandre – encombrant, certes, mais vital – a été pensé pour faire face aux pires scénarios. Il apporte :
- Air respirable (détail non négligeable pour discuter avec Houston… ou râler contre ses collègues)
- Barrière thermique contre les amplitudes de folie
- Bouclier contre la lumière du Soleil et les rayonnements cosmiques traîtres
Rien n’est jamais certain dans l’espace, preuve en est l’incident survenu à Luca Parmitano en 2013 quand son casque s’est rempli d’eau après une fuite dans le système de refroidissement. Voilà pourquoi chaque astronaute effectuant une sortie se prépare à l’imprévu – au programme : entraînement, anticipation, et surtout, plan d’urgence pour courir (façon de parler !) regagner le sas à toute vitesse.
Leçon ? Si l’envie vous prend de lever la tête vers le cosmos pour y faire un saut, souvenez-vous : sans combinaison, l’espace vous rappellera vite à l’ordre. Donc, laissez la tenue d’astronaute à ceux qui l’ont bien méritée… et qui en ont sacrement besoin !












