Tri des emballages : l’erreur que 80% des Français commettent sans le savoir

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Tri des emballages : l’erreur que 80% des Français commettent sans le savoir

Vous pensiez être au top du tri sélectif ? Qu’en est-il vraiment de vos mouchoirs usagés, de cette barquette de viande sanguinolente ou du ticket de caisse qui traîne au fond de la poche ? Si même Jean-Claude, lecteur d’Alençon, s’interroge, c’est peut-être qu’il y a baleine sous gravillon. Et effectivement, côté tri, les pièges sont nombreux.

Des consignes simplifiées… mais des erreurs fréquentes

Depuis 2012, la France s’est lancée dans une simplification progressive des consignes de tri. À partir du 1er janvier 2023, elles sont désormais harmonisées partout : tous les emballages partent dans la poubelle jaune (ou son équivalent régional, cousin germain du bac coloré). Et pourtant, Stéphanie Foucard, directrice mobilisation et engagement chez Citeo, alerte : malgré cette simplification, la confusion demeure.

La faute à notre tendance très humaine à confondre le matériau et l’emballage. Un emballage en plastique est bel et bien différent d’un objet en plastique ! Et là, c’est le drame : jouets cassés qui se pensent invités à la fête du bac jaune, alors qu’ils devraient plutôt aller à la déchetterie (et finir, le plus souvent, incinérés). Pour ne pas se tromper, il existe des simulateurs en ligne proposés notamment par l’ADEME ou Citeo.

Papiers du quotidien, attention aux faux amis !

Certains papiers du quotidien, comme les cartes postales ou les journaux, se recyclent sans problème. Parfois, une poubelle spécifique leur est dédiée, parfois non : à chacun sa commune, à chacun sa politique ! Mais attention : la petite taille pose problème. Les tickets de caisse, par exemple, passent souvent à la trappe lors du tri mécanisé. Inutile donc de jouer à la confettis party pour planquer vos secrets – « Ça ne se voit que dans les films », s’amuse la spécialiste.

Mais la confusion suprême – celle qui piège 80 % d’entre nous – concerne les papiers d’hygiène : lingettes, mouchoirs, sopalins, couches-culottes. Leur apparence les rangerait dans la case « papier »… Sauf qu’ils ne sont ni des emballages, ni de simples feuilles. Même s’ils sont faits à base de cellulose, ils sont traités chimiquement, et une fois utilisés, sont tout sauf recyclables ! Résultat : direction les ordures ménagères. On peut les remercier pour leur service, mais c’est tout.

Faut-il laver avant de trier ?

Voilà une autre idée reçue coriace. Vous culpabilisez à l’idée de balancer votre carton de pizza luisant d’huile dans le bac jaune ? Rassurez-vous, la barquette de viande avec quelques gouttes de sang n’a rien de dramatique non plus. Les usines de recyclage disposent de plusieurs étapes (lavage, broyage, traitement sanitaire), capables de gérer les résidus. Seule limite : il ne faut pas laisser de restes de nourriture entier dans vos emballages.

Seule exception, surtout en été, quand le camion de collecte met des plombes à passer : on peut passer rapidement les emballages sous l’eau (pendant la vaisselle par exemple), sans gaspiller, une petite astuce recommandée par Stéphanie Foucard pour éviter les désagréments olfactifs. Mais de récurer votre pot de yaourt au savon de Marseille ? Inutile.

À chaque emballage sa vie, ou pourquoi il ne faut jamais imbriquer

Encore une habitude à désapprendre : le jeu des poupées russes. Si emboîter la boîte de conserve dans le paquet de céréales fait gagner de la place dans le placard, au centre de tri, c’est la pagaille. Les emballages voyagent sur des tapis roulants et enchaînent différents tris (mécanique, optique, etc.). Ceux qui sont imbriqués passent souvent inaperçus aux détecteurs, nuisant à leur recyclage.

D’ailleurs, tout ce qui entre dans le bac jaune n’est pas systématiquement recyclé : 24 % des contenus sont concernés par des erreurs de tri, et certains sont trop petits pour être correctement récupérés. Et là, surprise ! Même les « bons » emballages n’ont pas toujours une seconde vie en France. Depuis 2012, le bac jaune accueille tous les emballages plastiques… alors que beaucoup ne sont pas encore recyclés dans l’Hexagone, barquettes de viande et sachets de surgelés compris.

De fait, les pots de yaourt en polystyrène finissent pour l’instant… en Espagne ou en Allemagne, où ils sont recyclés en cintres ou pots de fleurs. Leur matière, hétérogène, affiche un rendement assez bas, et rien ne garantit qu’un pot de yaourt redevienne un pot de yaourt (en tout cas pas pour le moment). Bonne nouvelle : dès 2025, une usine belge promet de changer la donne.

Alors où vont tous ces emballages non recyclés ? Certains servent de matière de recherche et développement (vive l’innovation !), les autres alimentent des circuits d’incinération à « valorisation énergétique » : on récupère au moins la chaleur dégagée par leur combustion.

En conclusion : Pas de panique si le tri vous semble encore compliqué : une majorité des Français patauge aussi dans la piscine des emballages. Laissez tomber les faux amis (mouchoirs, lingettes), évitez les poupées russes, ne lavez pas à outrance, et en cas de doute, cap sur un simulateur en ligne. Un petit effort, et la planète vous dit merci !

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