Dégommé en France, ce film explose tout et remporte un Oscar inattendu

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Sorti dans l’indifférence polie d’une presse française au snobisme apocalyptique, un film cataclysmique emmené par Will Smith, Bill Pullman et Jeff Goldblum s’offre pourtant un destin spectaculaire. Quand “Independence Day” débarque en 1996, les critiques le sabrent. Mais le public, lui, raffole du grand spectacle et le succès retentit… jusqu’à décrocher un Oscar surprise ! Retour sur l’incroyable revanche de ce blockbuster atomisé puis décoré.

Quand Roland Emmerich amorce la catastrophe (et la réussite)

Si Hollywood adore faire exploser la planète, Roland Emmerich est son pyromane de service. Après « Le Jour d’après » et avant « 2012 », il signe « Independence Day » : un monument du cinéma catastrophe américain. Cette fois, ce n’est ni un glacier ni une éruption volcanique, mais carrément une invasion extraterrestre qui tombe sur la Terre le 4 juillet, jour de la fête nationale américaine.

Dans le feu de l’action, un groupe de survivants – forcément héroïques et américains – met le cap sur le désert du Nevada. Là, dernier rempart contre l’anéantissement cumulé de l’humanité ET des barbecues républicains, ils affrontent les envahisseurs pour un baroud d’honneur planétaire. Autant dire que ça explose de partout, surtout l’audimat.

Une presse française aux missiles bien affûtés

Mais n’allez pas croire que « Independence Day » a séduit tout le monde à coup d’effets pyrotechniques ! Les critiques français, eux, dégainent la sulfateuse dès la sortie :

  • Télérama ironise sur « une monumentale connerie, recyclage ranci d’Alien, Rencontres du troisième type et autre Croisière du Poséidon » (ambiance).
  • Positif démonte allègrement « la niaiserie du scénario ».
  • Libération pousse le concept à fond en le qualifiant de « film accablant de nullité et, plus grave, d’ennui ». Sympa.

À l’international, la dent est un poil moins dure. Les pourcentages, eux, incarnent la tiédeur : 65% d’opinions favorables sur Rotten Tomatoes et une note de 59/100 sur Metacritic. Pas de quoi ouvrir le champagne, mais pas la Berezina non plus !

Le public fait voler les compteurs (et la concurrence)

Heureusement que les spectateurs prennent parfois la place du jury… et ils vont adorer la déflagration. « Independence Day » s’impose comme un phénomène en salle :

  • 817,4 millions de dollars engrangés à travers le monde
  • Plus de 5,6 millions de spectateurs en France – ironique pour un film initialement descendu par nos critiques nationaux

Et là où la presse voyait un Titanic du mauvais goût, l’Académie des Oscars décerne la récompense suprême des meilleurs effets spéciaux en 1997. Cette année-là, il se paye même le luxe de battre « Cœur de dragon » et « Twister » sur ce terrain, preuve qu’effacer la Maison Blanche en images de synthèse, ça peut rapporter gros (en statuettes et en dollars).

Les ingrédients de la réussite (malgré la soucoupe de la honte)

Le film part d’un concept simple mais qui fait mouche :

  • Une soucoupe géante envahit le ciel, suivie d’une nuée de vaisseaux qui stationnent au-dessus des plus grandes villes du globe.
  • David Levinson (Jeff Goldblum), analyste brillant, capte un étrange signal assimilé à un compte à rebours. Quand il alerte le président Whitmore (Bill Pullman), le sort des mégalopoles est déjà joué : la destruction.
  • L’armée, menée par le capitaine Steven Hiller (Will Smith), tente de riposter. Peine perdue : le champ de force des aliens est infranchissable.
  • Au sol, la compagne et le fils de Steven, survivants de Los Angeles, tentent simplement… de rester vivants.

Un scénario jugé simplet par certains, mais qui remporte à l’écran une efficacité redoutable : explosions, suspense, patriotisme XXL et répliques cultes font la recette. Pas étonnant que le public en redemande (même si les critiques, eux, digèrent mal le popcorn).

Conclusion : « Independence Day », c’est la preuve qu’un film peut être conspué, éclaté, laminé par la critique… puis finir star mondiale et chouchou de l’Académie. Le public, lui, n’a pas besoin du mode d’emploi des snobs : il réclame du spectaculaire, et Emmerich répond avec une soucoupe géante ! Comme quoi, la meilleure revanche est parfois un Oscar et un box-office atomisé. Alors, prêt à revoir (ou réhabiliter) ce film que la France a d’abord boudé avant de l’adorer en douce ?

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