Porter plainte contre un enfant de moins de 13 ans soulève beaucoup de questions pour les victimes et leurs familles. Oui, il est tout à fait possible de déposer plainte contre un mineur de moins de 13 ans en France, même si cet enfant ne pourra pas être condamné à une peine de prison ou à une amende. La plainte reste un outil important pour faire constater les faits, protéger la victime et obtenir une indemnisation, généralement auprès des parents de l’enfant auteur.
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ToggleComprendre le système de justice pénale des mineurs permet de mieux appréhender ce qui se passe réellement après une plainte et quelles sont les conséquences possibles. Dans cet article, on t’explique clairement si on peut vraiment porter plainte contre un enfant de moins de 13 ans, quelle est la responsabilité pénale de ces très jeunes mineurs, le rôle et la responsabilité des parents, comment déposer concrètement cette plainte, et quelles peuvent être les suites de cette démarche.
Un mineur de moins de 13 ans est présumé pénalement irresponsable en France, mais ses parents restent civilement responsables des dommages qu’il cause.
@maitrebem 🔍 Les mineurs peuvent-ils être condamnés pénalement ? 💡 Oui ! Selon l’article 122-8 du Code pénal, un mineur de plus de 13 ans peut être tenu responsable pénalement en cas d’infraction, qu’il s’agisse d’une contravention, d’un délit ou d’un crime. 📜 Cependant, les mineurs bénéficient d’une réduction de peine : elle ne peut excéder la moitié de celle encourue par un adulte. ⚖️ Conformément à l’article L121-5 du Code de la justice pénale des mineurs, aucune peine ne peut dépasser 20 ans et les peines de sûreté ne s’appliquent pas aux mineurs, leur permettant ainsi une libération anticipée en cas de condamnation. 🫵Un problème ? Me Bem ! #MaîtreBem #Avocat #Justice #Mineurs #CodePénal #ResponsabilitéPénale #DroitDesMineurs #Prison #Sanctions #Loi #apprendresurtiktok ♬ son original – Anthony BEM
Voici les informations essentielles sur la plainte contre un mineur de moins de 13 ans :
| Aspect | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| Possibilité de plainte | Oui, toute victime peut déposer plainte pour une infraction, quel que soit l’âge de l’auteur présumé |
| Responsabilité pénale | Le mineur de moins de 13 ans est présumé pénalement irresponsable, aucune peine (prison/amende) ne peut être prononcée |
| Mesures possibles | Le juge peut ordonner des mesures éducatives (avertissement, suivi éducatif, mesure éducative judiciaire) |
| Responsabilité des parents | Les parents sont civilement responsables et peuvent devoir indemniser la victime (dommages et intérêts) |
| Où déposer plainte | Commissariat de police, gendarmerie, ou par courrier au procureur de la République |
| Indemnisation | Obtenue le plus souvent auprès des parents de l’enfant auteur, décidée par le juge |
📋 À RETENIR
- ✓ La plainte est toujours possible quel que soit l’âge de l’auteur, même pour un enfant de 3, 5 ou 10 ans
- ✓ L’objectif principal est de faire constater les faits et protéger la victime, pas forcément de punir l’enfant auteur
- ✓ Les parents peuvent être poursuivis pénalement s’ils ont gravement manqué à leurs obligations éducatives (jusqu’à 2 ans de prison et 30 000 € d’amende)
- ✓ Une victime mineure peut porter plainte seule ou accompagnée, ses parents peuvent aussi le faire en son nom
- ✓ Dans les cas de harcèlement ou violences entre mineurs, des mesures de protection peuvent être décidées (éloignement, changement d’école, suivi psychologique)
Est-il possible de porter plainte contre un enfant de moins de 13 ans ?

Oui, absolument. En France, toute victime, qu’elle soit adulte ou mineure, peut déposer plainte pour une infraction, quel que soit l’âge de l’auteur présumé. Cela signifie que tu peux porter plainte contre un enfant de 5 ans, 8 ans, 10 ans ou 12 ans si cet enfant a commis des faits répréhensibles : violences, vol, racket, harcèlement, agression sexuelle, ou toute autre infraction.
Le droit de porter plainte n’est pas limité par l’âge de l’auteur des faits. C’est un droit fondamental de toute victime qui permet de signaler une infraction à la justice. L’âge de l’auteur aura des conséquences sur la suite de la procédure et sur les mesures qui pourront être prises, mais il n’empêche pas le dépôt de plainte lui-même.
La plainte contre un très jeune mineur sert plusieurs objectifs importants, même si l’enfant ne peut pas être condamné à une peine. Elle permet de faire constater officiellement les faits par les autorités judiciaires, créant ainsi une trace officielle de ce qui s’est passé. Cette démarche déclenche une enquête menée par la police ou la gendarmerie pour établir la réalité des faits, recueillir des témoignages et comprendre le contexte. La plainte alerte aussi les autorités sur une situation potentiellement dangereuse, ce qui peut protéger l’enfant victime par la mise en place de mesures de protection rapides.
Au-delà de l’aspect protecteur, la plainte ouvre la voie à une indemnisation des préjudices subis, généralement auprès des parents de l’enfant auteur qui restent civilement responsables. Elle permet également une intervention éducative auprès de l’enfant auteur et de sa famille, déclenchant un suivi éducatif ou psychologique qui aidera l’enfant à comprendre la gravité de ses actes et à ne pas recommencer. Il est important de comprendre que porter plainte contre un très jeune enfant n’est pas nécessairement une démarche punitive, mais souvent une démarche de protection de la victime et une manière d’obtenir une intervention des autorités compétentes pour gérer une situation difficile.
Quelle est la responsabilité pénale d’un mineur de moins de 13 ans ?
Le droit français applique un principe fondamental pour les très jeunes mineurs : un enfant de moins de 13 ans est présumé ne pas être capable de discernement, ce qui signifie qu’il est en principe pénalement irresponsable. Cette présomption s’appuie sur l’idée qu’un très jeune enfant n’a pas la maturité suffisante pour comprendre pleinement la portée de ses actes et leurs conséquences.
Concrètement, cela signifie qu’aucune peine ne peut être prononcée contre un mineur de moins de 13 ans. Pas de prison, pas d’amende, pas de peine de travail d’intérêt général. Le système judiciaire français considère qu’à cet âge, la priorité absolue doit être donnée à l’éducation plutôt qu’à la répression.
Cependant, cette irresponsabilité pénale ne signifie pas qu’il ne se passe rien après une plainte. Si le juge estime que l’enfant était capable de discernement au moment des faits, il peut ordonner des mesures éducatives adaptées à la situation. Ces mesures vont de l’avertissement judiciaire, où le juge explique à l’enfant et à ses parents la gravité des faits, à la mesure éducative judiciaire qui met en place un suivi par un éducateur spécialisé de la Protection Judiciaire de la Jeunesse pendant plusieurs mois. Le juge peut aussi imposer un suivi éducatif renforcé avec des actions éducatives spécifiques, ou des obligations particulières comme suivre une scolarité, respecter certaines interdictions, participer à des activités éducatives ou culturelles, ou suivre un suivi psychologique.
L’objectif de toutes ces mesures est éducatif et non punitif. Il s’agit d’aider l’enfant à comprendre la gravité de ses actes, à développer son sens des responsabilités et à éviter qu’il ne recommence. Le système judiciaire cherche à agir dans l’intérêt supérieur de l’enfant, qu’il soit victime ou auteur.
Quelle est la responsabilité des parents d’un mineur de moins de 13 ans auteur d’infraction ?

Même si l’enfant de moins de 13 ans ne peut pas être condamné à une peine, ses parents restent pleinement responsables de ses actes sur le plan civil. C’est un principe très important du droit français : les parents sont civilement responsables des dommages causés par leur enfant mineur habitant avec eux.
Cette responsabilité civile des parents signifie qu’ils peuvent être condamnés à indemniser la victime en lui versant des dommages et intérêts. Le montant de cette indemnisation est déterminé par le juge en fonction du préjudice subi par la victime : préjudice physique (soins médicaux, séquelles), préjudice moral (traumatisme, souffrance psychologique), préjudice matériel (objets cassés, vêtements déchirés).
Cette responsabilité des parents est quasi automatique. Ils ne peuvent pas s’en exonérer en prouvant qu’ils ont bien éduqué leur enfant ou qu’ils ont fait tout leur possible pour l’empêcher de commettre l’infraction. Dès lors que leur enfant mineur a causé un dommage à autrui, ils en sont responsables civilement.
Au-delà de cette responsabilité civile, les parents peuvent aussi encourir des poursuites pénales dans certaines situations graves. Si le juge estime que les parents ont gravement manqué à leurs obligations parentales (éducation, sécurité, moralité, surveillance), ils risquent des sanctions pénales importantes : jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende pour soustraction aux obligations légales compromettant la santé, la sécurité, la moralité ou l’éducation de leur enfant.
Ces poursuites pénales contre les parents sont relativement rares mais peuvent être engagées dans des situations particulièrement graves comme une négligence caractérisée, une absence totale de surveillance, l’exposition de l’enfant à des situations dangereuses ou des carences éducatives manifestes. La responsabilité des parents joue donc un rôle central dans le système de justice des mineurs. Elle permet d’assurer que la victime ne reste pas sans indemnisation, tout en responsabilisant les parents sur leur rôle éducatif.
Comment déposer plainte contre un mineur de moins de 13 ans ?
Le dépôt de plainte contre un mineur de moins de 13 ans suit la même procédure que pour toute autre plainte. Tu peux te rendre dans n’importe quel commissariat de police ou brigade de gendarmerie pour déposer plainte. Les forces de l’ordre sont obligées de prendre ta plainte, elles ne peuvent pas refuser sous prétexte que l’auteur est très jeune. Tu racontes les faits, les circonstances, et tu fournis tous les éléments dont tu disposes (témoignages, photos, messages, certificats médicaux si violences). Un procès-verbal est rédigé et signé, puis transmis au procureur de la République.
Tu peux aussi déposer une plainte simple par courrier au procureur de la République en envoyant une lettre au procureur du tribunal judiciaire du lieu de l’infraction ou du domicile de l’auteur. Cette lettre doit exposer les faits de manière précise, identifier l’auteur si tu le connais, décrire les préjudices subis, et être accompagnée de toutes les pièces justificatives utiles. Tu trouveras les adresses des tribunaux sur le site service-public.fr.
Si la victime est mineure, plusieurs options s’offrent à elle et à sa famille. L’enfant victime peut porter plainte seul s’il a le discernement suffisant, même s’il a moins de 18 ans. Les parents peuvent porter plainte au nom de leur enfant mineur, ce qui est souvent le cas surtout si l’enfant victime est très jeune. L’enfant peut aussi être accompagné par ses parents, un autre adulte de confiance, ou une association lors du dépôt de plainte pour se sentir soutenu.
Une association d’aide aux victimes ou de protection de l’enfance peut parfois porter plainte au nom du mineur ou l’accompagner dans la procédure. Ces associations peuvent aussi se constituer partie civile pour soutenir la famille et l’enfant victime. Après le dépôt de plainte, les forces de l’ordre mènent une enquête et transmettent le dossier au procureur de la République qui décidera de la suite à donner. N’hésite pas à demander conseil à une association d’aide aux victimes ou à un avocat si tu as des questions sur la procédure.
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Quelles sont les suites possibles après une plainte contre un mineur de moins de 13 ans ?

Après le dépôt de plainte contre un mineur de moins de 13 ans, plusieurs issues sont possibles. La décision appartient au procureur de la République qui va étudier le dossier transmis par la police ou la gendarmerie après l’enquête.
Le procureur peut décider de classer la plainte sans suite si les faits sont jugés insuffisamment graves, insuffisamment caractérisés, ou s’il estime qu’une réponse judiciaire n’est pas nécessaire. Ce classement sans suite peut être frustrant pour la victime, mais il ne signifie pas que les faits n’ont pas existé. Tu peux contester ce classement en te constituant partie civile directement auprès du juge d’instruction.
Plus fréquemment dans les affaires impliquant des mineurs de moins de 13 ans, le procureur décide de saisir le juge des enfants ou le tribunal pour enfants. Ces juridictions spécialisées dans les affaires de mineurs vont alors examiner la situation de l’enfant auteur et décider des mesures appropriées. Le juge des enfants peut ordonner différentes mesures d’investigation pour mieux comprendre la situation de l’enfant et de sa famille (enquête sociale, expertise psychologique), puis mettre en place des mesures éducatives adaptées.
La juridiction peut également statuer sur l’indemnisation de la victime en même temps qu’elle se prononce sur la culpabilité du mineur. Elle peut condamner les parents ou représentants légaux de l’enfant à verser des dommages et intérêts à la victime pour réparer les préjudices subis.
Dans les situations de violences ou de harcèlement entre mineurs, particulièrement à l’école ou sur les réseaux sociaux, la plainte peut déclencher des mesures de protection importantes. L’éloignement de l’enfant auteur de l’enfant victime peut être décidé, avec un changement de classe ou une interdiction de contact. Un changement d’établissement scolaire pour l’un ou l’autre enfant peut s’avérer nécessaire si la cohabitation n’est plus possible. Un suivi éducatif ou psychologique pour les deux enfants, victime et auteur, aide à surmonter la situation. Dans certains cas, une médiation entre les familles peut être proposée pour tenter de résoudre le conflit de manière constructive.
Ces mesures peuvent être décidées par le procureur, le juge des enfants, ou même par l’Éducation Nationale en lien avec la justice. L’objectif est toujours de protéger la victime, d’aider l’enfant auteur à comprendre la gravité de ses actes, et d’éviter que la situation ne se reproduise.
Porter plainte contre un mineur de moins de 13 ans est non seulement possible mais peut être une démarche importante pour protéger la victime et faire constater officiellement les faits. Même si l’enfant auteur ne peut pas être condamné à une peine de prison ou à une amende en raison de son jeune âge, la plainte permet de déclencher une enquête, d’obtenir potentiellement une indemnisation auprès des parents, et de mettre en place des mesures éducatives pour l’enfant. Les parents de l’enfant auteur restent civilement responsables et peuvent devoir indemniser la victime, et dans certains cas graves, ils peuvent même être poursuivis pénalement s’ils ont manqué à leurs obligations éducatives. Si tu es victime ou parent d’un enfant victime, n’hésite pas à te rapprocher d’une association d’aide aux victimes ou d’un avocat pour t’accompagner dans cette démarche et comprendre tous tes droits.













